Archives du mot-clé fracture numérique

Les nouveaux parias de la société

Cette semaine je ne savais pas quoi écrire… j’avais beau chercher un sujet sur le Net, je n’avais pas assez de temps ou d’infos. Mon sujet apparu sur mon lieu de travail sous la forme d’un homme en colère.

Appel du standard, il y a quelqu’un en bas. Descente d’escaliers. C’est la colère qui m’attend : elle se retient les bras en croix sur la poitrine, elle perce dans un regard de fer, c’est la quarantaine qui court derrière un monde de fou.
Adapter mon sourire. Rester calme. Ne pas lâcher le regard.
« – Bonjour Monsieur, que puis-je faire pour vous ?
– C’est machin qui m’envoie vers vous, j’ai un projet avec (ma boîte) et j’ai besoin du document truc, je ne l’ai pas reçu dans mon courrier.
– Vous ne l’avez pas reçu car le document truc n’est pas distribué dans votre ville. Néanmoins vous pouvez le télécharger sur Internet. »
Badaboum. Crac :

« – JE N’AI PAS INTERNET, AUJOURD’HUI SANS INTERNET ON EST LES PARIAS DE LA SOCIETE. ON NE PEUT PLUS RIEN FAIRE SANS LES OUTILS INFORMATIQUES. PLUS ON AVANCE AVEC INTERNET MOINS ON EST AU COURANT DES CHOSES. ON VA DE PLUS EN PLUS VERS UN MONDE HORS COMMUNICATION. SI J’AI PAS L’INFO COMMENT PUIS-JE REALISER MES PROJETS ? VOUS LES JEUNES VOUS BAIGNEZ DEDANS MAIS PAS NOUS. »

L’histoire se termine sans fracas dans le bureau de ma/mon chef. Il n’a pas de téléphone portable. Il n’a pas Internet. Il n’a pas la bonne adresse. Il ne peut pas avoir nos infos. On essaie de l’arranger. J’écoute et réponds au minimum en jouant strictement mon rôle. Autour de moi des éclats de verre : le mur numérique et ses possibilités viennent d’éclater. Retour à très loin. Au temps de l’écran en noir et blanc. Des boutons simples sur lesquels on appuyait. Retour au réel et à une nouvelle forme de pauvreté : les déconnectés, les nouveaux sans, les sans-internet ; les coupés du monde, les antis.
La connexion de force, une forme de dictature ? Retour dans le futur : comment faire ?

Aurélien@LaVieCheap

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Le covoiturage entre (très) lentement dans les mentalités

Convivialité, rencontres, économies, facilité d’horaires… pour l’utilisateur lambda que je suis le covoiturage présente de nombreux avantages. Mais à chaque trajet une chose me frappe : dans le véhicule je suis bien souvent le vétéran du covoiturage. Sur covoiturage.fr mon profil affiche la mention « expert ». Cette bonne réputation  facilite mon utilisation du site, après un an et demi de trajets partagés au compteur, je n’ai plus à me soucier des commentaires, des contrevenants ou des lapins. Le covoiturage est devenu mon moyen de transport naturel.

Depuis quelques mois le réseau Blablacar (créateur, entre autres, de covoiturage.fr) fanfaronne avec la barre des deux millions de membres franchi… dans quatre pays : Royaume Uni, Espagne, France, Italie. Si un cap a été passé, il reste du pain sur la planche. A grand renfort de chiffres, d’infographie et de data, le réseau Blablacar veut démontrer les bénéfices écologiques et économiques du covoiturage.

Ici et des parkings de covoiturage ont été inauguré, les départements français ouvrent fièrement leur site de covoiturage, des associations essaient de mettre en place des réseaux locaux, des festivals proposent un onglet covoiturage dans leurs programmations. Covoiturage dans l’asso, covoiturage sur les forums, covoiturage étudiants, covoiturage à tous les étages… le partage de la voiture fait lentement son bout de chemin dans les mentalités.

Une identité numérique en soi

Malgré tout, de nombreux préjugés subsistent encore : manque de sécurité, profiteur, argent gagné au noir, sites de rencontres amoureuses maquillés… En plus il faut créer des profils, renseignez son mail, son numéro de téléphone, sa voiture et maintenant… son adresse. Des obligations qui peuvent en freiner plus d’un ! En termes de confidentialité d’abord : pourquoi mettre son adresse postale en ligne ? Aussi le covoiturage fait poindre une ligne de fracture numérique : pour les djeunes c’est juste un profil numérique de plus. Pour les autres c’est une autre histoire…

Le covoiturage et ses (petites) avancées prouvent que l’identité numérique et la consommation collaborative sont intrinsèquement liés : grand nombre de possibilités, multiplicité des utilisations ; si nous voulons être égaux devant la voiture, il faut d’abord travailler à l’égalité devant l’Internet.

Sans vouloir prêcher pour une chapelle (j’ai des profils dans plusieurs sites de covoiturage de toute façon), on peut soulever plusieurs questions :
Comment amener les conducteurs les plus réticents à partager leurs habitacles ?
A quand un système de covoiturage généralisé dans les Pôle Emplois et les agences d’intérim ? Avons-nous besoin d’un méta-site réunissant tous les opérateurs du covoiturage ?

Le covoiturage, tout comme la consommation collaborative, mérite plus que d’être un phénomène de mode, mais cela dépend surtout de nous !

Aurélien@LaVieCheap

Pour aller plus loin : Road movie pour les temps à venir

Stimulez votre créativité, tenez un journal !

J’étais un camé de l’info, un dur, un malade, un dingue ! Le matin j’allumais ma dose de radio, le soir mon fix de quotidiens nationaux, et le shoot de news mag c’était deux fois par semaine. Je lisais tout, les pubs dans la rue, les peoples et les féminins qui trainaient dans la salle d’attente de mon médecin, les vitamines de mes céréales ; tout ce qui passait devant mes yeux je le lisais.

Quand Internet est arrivé ma maladie est entrée en phase terminale. J’étais connecté 24 heures sur 24, je chevauchais le dragon blanc, je savais, je comprenais, j’apprenais, tout et tout le temps. Plus de limites et plus de temps de cerveau disponible, je faisais tout et je n’arrivais à rien. J’avais laissé ma créativité et mon temps libre sur le carreau de l’informationnel.

Etais-je mieux informé sur un sujet donné après la lecture d’une quinzaine d’articles ? Non. Qu’avais-je appris au bout de deux heures de surf ? Pas grand-chose, j’étais dans l’errance et mes projets personnels n’arrivaient jamais à leurs conclusions. L’écran hypnotique nourrissait mon cerveau d’un flot d’informations permanent. Un jour ce fut l’overdose…

Et le journal me sauva la vie !

Après le désastre, je n’étais pas plus avancé, j’avais besoin d’Internet ; et malgré tout j’aimais cet outil. Un jour, je suis allé dans un espace public numérique, j’ai découvert l’identité numérique et le jardinage 2.0. J’ai compris que comme dans la vie, il faut savoir faire le ménage dans son Internet. J’ai trouvé une belle ressource : j’ai tenu un journal, j’ai sorti la tête de l’eau et j’ai commencé à construire quelque chose pour de vrai. C’est en tenant le journal de mon identité numérique que j’ai crée la Vie Cheap. Tous les jours je prenais dix minutes, dans un cahier je notais mes pensées, mes activités, mes réussites, mes échecs, de temps en temps je me relisais et je voyais mes avancées.

A chaque objectif vous pouvez tenir un journal ! Vous voulez arrêter de fumer : tenez le journal des addictions ! Un projet de création d’entreprise/de blogs/artistiques ? Mettez à jour votre journal. Il serait tant de regarder sous vos yeux, de comprendre ce dont vous êtes capable avant de demander à Google. Tenir un journal est un bon moyen de revenir vers soi, de repartir de soi et pourquoi pas apporter une contribution intelligente au grand maelstrom numérique…

Et aujourd’hui ?

Aujourd’hui je sais que mes balades numériques comportent des risques, du fou rire à la déprime il n’y a qu’un pas. Entre la vie de bébé, les caprices de la journaliste parisienne, ceux qui dénoncent les JO Satanico-Illuminati-francs maçons, les armées de fans qui réécrivent la pop culture, l’éternel retour du Batman, le coming-out de Robin, les lol cats, l’actualité du Football Club de Servette et le groupe de rock de Saint Trin Trin… C’est la foire à l’empoigne, le carrefour des collisions, un univers en continuel expansion. Dur dur d’écouter et difficile de se faire entendre dans la cacophonie numérique…

Et ce soir je suis un peu perdu… je ne comprends pas toujours… en écrivant ces lignes, une foutue migraine me mine le cerveau. Je ne suis jamais à l’abri d’une rechute, mais je tiens bon : Internet ça s’apprend !

Aurélien@LaVieCheap

Récap’ : la gestion des courriels

Ce récap’ du post de lundi est une simple piqûre de rappel :

une Identité Numérique =
plusieurs profils =
une adresse mail de contacts + une adresse mail de connexion


Donc pour bien gérer ses courriels, il faut :

1. Plusieurs adresses : – des adresses de connexions (confidentielles)
– des adresses de contacts

2. Bien gérer votre adresse de départ prénom.nom@quelquechose avec libéllés et dossiers .

3. Cartographier : quels courriels pour quels profils pour quelles identités numériques ?

4. Avoir un mot de passe sécurisé, l’allonger selon vos profils comme dans l’exemple suivant :

votre email n°1: email/MoTdEPa$$ede32caractères

Profil Facebook: email de connexion/MoTdEPa$$ede32caractères+votrecodefacebook

C’est tout pour ce premier récap’ du jeudi, à lundi !

Aurélien@LaVieCheap

Pour aller plus loin :

Gérer ses courriels : l’art de la conquête numérique

Lundi matin du mois d’août – Retour de congés, motivation de la rentrée dans un bureau propre et frais. Comme chaque matin, j’allume l’ordinateur et là catastrophe : cent courriels non lus, c’est comme des étagères de bibliothèques qui me tomberaient sur la tête. Le temps de lire et de répondre j’ai perdu deux heures… le numérique est chronophage. Mon boulot, ma conso, mes potos et mes blogos… les messages s’entassent comme ces livres qu’on ne lit jamais.

Pourtant, cet amas de message numérique c’est un peu moi : mon prénom, mon nom, ma signature, mon travail, mon contact, on peut m’archiver, on peut me tracer ! Pour bien gérer son identité numérique, il faut bien bosser la basse : l’adresse mail au pluriel.

1. Plusieurs adresses. Vous utilisez le numérique pour plusieurs raisons : boulot, perso… de vos utilisations découlent une identité numérique multiple. Il ne faut pas avoir peur de créer plusieurs adresses mails, cinq ou six me paraît un chiffre raisonnable.

2. Le point zéro. Quelle est votre première adresse ? Avec ce mail numéro 0 n’ayez pas peur de vous montrer : nom et prénom, signature correct avec adresse mail et e-cv. Utile pour rechercher du boulot ou échanger avec la famille, cette adresse restera un fourre-tout qu’il convient de nettoyer et ranger souvent. Ne lésinez pas sur la création de libellés, dossiers et sous-dossiers : cinq minutes de rangement aujourd’hui c’est une heure de gagnée demain.

3. Carto mails-profils. Vous êtes twittos, blogos, ou que sais-je encore ? Vous voulez accroître votre présence sur le Net ou les rôles que vous prenez vous obligent à créer de nouveaux profils ? Les choses se compliquent. Vous avez besoin de nouvelles adresses mails et il faut les cartographier : pro, perso, achat, communauté, forum… le tout rédigé et dessiné sur une feuille de papier pour visualiser votre identité numérique.

En termes mathématiques ça donne :

une Identité Numérique =
plusieurs profils =
une adresse mail de contacts + une adresse mail de connexion

Exemple : La Vie Cheap c’est sur WordPress, sur Facebook, maintenant sur Twitter, et une adresse de contacts (aurelien.laviecheap@yahoo.fr) pour une adresse de connexion. J’ai réuni tous les profils utilisés par la Vie Cheap en deux adresses mails, cela me permet de centraliser l’information et d’être plus réactif !

4. Le mails de connexion comme leurs noms l’indiquent permettent de se connecter sur vos profils. Ces adresses doivent rester anonymes et secrètes, objectif : sécurité et confidentialité. Parfaite pour les réseaux sociaux, l’adresse de connexion est comme une copie de sauvegarde, une clé faite sur mesure qui contient le code de la serrure. Je m’explique, si vous perdez vos mots de passes : c’est l’adresse de connexion qui vous sauve.

5. Carto MdP. La cartographie de l’Identité Numérique concerne aussi les mots de passes ! Un bon mot de passe c’est une trentaine de caractères : des symboles, des chiffres, des majuscules, des minuscules… Créez un mot de passe complexe pour votre adresse centrale, ajoutez un code supplémentaire pour vos autres comptes. Ainsi votre mot de passe s’allonge selon vos profils. Exemple :

votre email n°1: email/MoTdEPa$$ede32caractères

Profil Facebook: email de connexion/MoTdEPa$$ede32caractères+votrecodefacebook

Et ainsi de suite avec votre twitter, votre identité pro…etc…Bon courage, bon travail !

Aurélien@LaVieCheap

Pour aller plus loin :

Tout sur les nouvelles technologies et… mes petits enfants !

« Est-ce que tu diffuses sur Stumble Upon, Twitter, Linked In, YouTube, Tumblr et Pearltree ? Oui ton blogue je l’aime sur Facebook, mais ça fait longtemps que je n’ai pas jeté un œil. Je vais voir la Vie Cheap de temps en temps, je l’ai dans mes favoris mais j’ai pas liker sur Facebook. »

Ouf ! La jungle numérique est touffue, il y a toujours à faire, toujours à découvrir. Sur le Net, chercher une définition claire et précise peut relever de l’impossible. Vous voulez un exemple ? Tapez dans Gougeule Génération Y + Sociologie + Définition. Après de nombreuses lectures (bon courage !) impossible de savoir sur quel travail sociologique sérieux ce concept est basé. D’ailleurs un magazine chébran posait récemment la question : « la génération Y existe-t-elle vraiment ? »

L’informationnel court plus vite que toi  !

Certes le numérique est dans ma nature, mais tout djeune’ que je suis, je connais aussi des problèmes. Parfois je me demande : à quelle vitesse va l’Internet ? Des nouveaux blogs, des nouveaux réseaux (de réseaux de réseaux), nouveaux liens, nouvelles manières de liker apparaissent tous les quatre matins… dur dur de s’y retrouver ! Et tout bloggeur que je suis j’aime être lu… si je sais comment mes lecteurs me trouvent, je ne sais pas toujours comment trouver mes lecteurs ! On est blindé de contenants et nous manquons de contenus. Ce que je veux dire c’est que notre utilisation du Web est peut-être à revoir. Si les JO ou les présidentielles ont remués les masses numériques, si l’on reprend, on republie, on partage, on like… l’originalité se fait rare… pourtant chacun à la possibilité de contribuer, de créer !

Je vous prescrit une cure d’EPN

La plate forme WordPress perdra-t-elle sa popularité dans quelques mois au profit d’une autre ? Rappelez-vous le temps où Skyblog et Myspace connaissaient leur acmé. A quoi ressemblera le Web de demain ? Un jour, peut-être, je serai dépassé et je ne comprendrai plus grand-chose. Comme mes parents aujourd’hui, j’irai demander à mes enfants et mes petits enfants : hey comment ça marche le bidule ? C’est quoi ce nouveau truc ?

C’est pourquoi dès aujourd’hui une cure générale d’EPN (Espace Public Numérique) s’impose. Dans ces espaces des animateurs ou des médiateurs répondent à des demandes précises. Là, on apprend à emprunter des livres à la médiathèque, quand ici on aide une association à se développer sur la toile. Les missions des EPN sont variées et répondent à des problématiques complexes (vous pouvez en lire plus ici). On en trouve dans différents services publics. Vous pouvez les géo-localiser ici. Nous en avons grand besoin ! Mais il faut bien définir son problème numérique et trouver le bon EPN pour y répondre ! Pour moi ce sera une pastille de Blog Camp dans un grand verre d’EPN.

Aurélien@LaVieCheap

Pour aller plus loin : Tout sur ma mère et les nouvelles technologies

Tout sur ma mère… et les nouvelles technologies

Bonsoir Chéri,
Je viens de lire tes 4 derniers textes, encore une fois BRAVO, BRAVO (…)
Quand tu reviendras , tu me montrera pour naviguer sur le site et laisser des commentaires, je n’ose pas trop m’y aventurer, question de génération!! mais j’ai mis « laviecheap » dans mes favoris.

seniorsSmartphonesIl est certaine délicatesse que l’on prend comme un coup de poing dans le ventre. Ce sentiment porte un nom trop oublié : l’étonnement. La lecture de ce message me replongea dans mon adolescence, tout ces petits moment pénibles où je devais m’exécuter : “Comment on allume la télé ? C’est quoi ce bug sur l’ordi ? Comment on la ferme cette fenêtre ?” Très tôt mes géniteurs affectaient ma nature numérique. Une nature qui parfois se rebellait : le lecteur DVD n’obéissait pas toujours. Nouvelle époque, nouveaux soucis, nouvelles crises de nerfs.

J’ai connu les K7, les bandes magnétiques où je couchais mes premiers AC/DC. Chez la grand mère on écoutait des vinyles. Puis ce fut le premier Bob Marley en compact disque. Après c’était les Cds gravés et enfin les interminables échanges de MP3. Multiplication des formats, multiplicité des utilisations guidée par le flux des technologies.

Qui m’a appris ? Qui m’a enseigné ? Personne.
Au travail, j’assiste des quadras et des quinquas. Je les observe aux commandes d’un ordinateur. Ils ressemblent à des sténographes cherchant à parfaire la copie d’une machine à écrire. Sous ma main le clavier et la souris prolonge mon corps. La machine devient un être vivant avec laquelle je danse. D’ailleurs je tolère mal ses erreurs, je suis exigeant.

Je n’ai rien appris. Zéro cours. Juste deux, trois astuces balancées de derrière un autre écran. Sans m’en rendre compte j’avais intégré un langage sans pays et sans professeur. Le numérique était entré dans ma nature.

Et Maman dans tout ça ? Maman ne comprend pas. Tout comme Jean-Michel.
Jean-Michel il a plus de cinquante ans, il est tourneur-fraiseur et il cherche du boulot. On s’est rencontré lors d’une formation chez Paul Emploi. On devait mettre nos CV en ligne. Pour moi c’était tout simple. Pour Jean-Michel c’était toute une histoire, il touchait à un ordinateur pour la troisième fois de sa vie.

Oui, il est bien question de génération. Posons la question autrement : pour mieux vivre ensemble devons-nous combler la fracture numérique ? Certains connaissent le Web, d’autres très bien, d’autres moins : inégalité des connaissances donc différence d’utilisations. Et moi aussi malgré le tampon Y sur mon CV je suis en retard. Pour le rattraper il existe des EPN (Espace Public Numérique) où des animateurs peuvent vous guider. Aussi des ateliers spécifiques sont mis en places : des JobCamp pour les chercheurs d’emplois, des SeniorCamp pour les personnes âgées. Après son apparition spontanée, l’Internet a besoin de ses professeurs. A quand l’histoire du Web dans les programmes scolaires ?

Aurélien@LaVieCheap

Dans le cocon des nuits solitaires

Il est minuit.

Minuit sur le téléphone, l’ordinateur et la télévision. Les machines qui nous entourent pullulent encore. Les yeux rivés sur le flux on ne veut pas manquer le prochain post, le prochain du prochain, le prochainement si près que l’on répond déjà. Voilà quelques heures dans l’ère de l’homo sapiens sapiens numericus diverticus. Tout est allé très vite, vous vous souvenez ? Téléphone portable, Internet, haut débit, leblogdemoi, moi.com, gogo gadget séduction, abracadabra recherche d’emploi, gratuité à tous les étages ; art, culture, connaissances, informations, divertissement à profusion et sans limites. On a changé de monnaie. On a brouillé nos frontières. On a changé d’époque et nous avons continué comme avant. C’est allé très vite. En une petite décennie, un nombre délirants de moyens de communications ont été mis entre nos mains.

Pour autant les nouvelles technologies de l’information et de la communication ont-elles changé la réalité de notre quotidien, les conditions matérielles de nos existences ? Oui. Non. Pas pour tout le monde, pas de la même façon. En tout cas elles n’ont pas arrêté les crises, toutes les crises, toutes nos crises : économiques, politiques, existentielles, amoureuses… Qu’est-ce qu’on ne ferait plus pour un flirt avec la crise ? Et toujours à lire, à voir, à regarder. On n’arrête plus l’info. Comme la lueur rouge de nos téléviseurs nous sommes en veille, « en simple veille », jamais en sommeil, jamais réveillé, toujours dans l’après. On réussit à tromper l’ennui sans jamais le vaincre, c’est plus qu’un problème : ce sont de nouvelles maladies. On manage son couple depuis le bureau, on prépare la prochaine réunion sur un coin de table de nuit. Certains cherchent désespérément du travail quand d’autres ont bien besoin de vacances.

Il est minuit à Paris. Au Québec les étudiants préparent un nouveau lendemain de grève.
Minuit à Montréal. Quelque part en France on imprime un journal pour… sa dernière édition. Faites l’expérience, rivés à un écran on peut voir le monde bouger en vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Un progrès ?

Il est minuit et la vie a changé. Nous ne vivrons pas les rêves de nos pères ; ne nous en déplaisent, il vaut mieux l’accepter tout de suite. Il est minuit, un peu partout sur la planète on prend des initiatives : co-working, le co-voiturage, beaucoup de trucIng, coTruc et d’écoTruc, InnoMot et MachinCamp… derrière ce vocabulaire pour le moins barbare se cache tout un monde de changement.
Ces nouveaux modes de vies s’apprivoisent, c’est l’objet de ce blogue.
Les écrits d’un utilisateur qui n’a rien à vendre, rien à déclarer, tout à raconter.
C’est toi, c’est mille et une choses à faire dès aujourd’hui pour une vie moins chère, moins stressante,  plus simple et plus active.
La vie nouvelle, la vie ouverte, la vie légère, la Vie Cheap, la vie, la vraie.

Bonsoir. Bonjour. Bienvenu, je suis Aurélien, votre hôte pour les prochains mois.