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Swopera, nouveau concept de consommation collaborative

Aujourd’hui on fait un tour dans la cuisine de la consommation collaborative avec Simon Tripnaux, créateur du nouveau site Swopera. Le concept est de « permettre à chacun de rechercher des produits rares ou exotiques via les voyages des autres utilisateurs ».

En clair : j’aimerais boire du pisco, un alcool péruvien à base de raisins, mais il est introuvable en France. J’ai donc rédigé une demande sur le site,  éventuellement un voyageur en partance pour le Pérou me contactera pour me ramener la précieuse bouteille.

Mais après trois semaines pas de réponse, le site n’est pas encore très populaire, malgré cela, y-a-t-il des retours sur expérience ?
Simon Tripneaux : Pour populariser le site il suffit juste d’en parler le plus possible : 90% des gens sont très enthousiastes sur le projet dès qu’on leur a présenté. Je compte donc pas mal sur les blogs et les médias pour développer notre public avec un petit peu de pédagogie. Il y a de chouettes enjeux dans le projet qui touchent aussi bien l’écologie que l’économie.
Pour ce qui est des retours la plupart des gentils utilisateurs me disent que le design est un peu fade et que le message n’est pas assez clair quand on arrive sur le site.

A l’avenir, l’objectif est-t-il de créer un nouveau réseau social ?
Je n’ai pas d’objectifs précis pour le site et il n’est pas encore positionné, pour l’instant, comme un « réseau social » : l’implémentation d’une fonction « suivre » comme celle de Twitter est en cours de mise en place avec aussi des commentaires possibles sur chaque annonces. Le but étant tout de même de rester simple.

Aujourd’hui les gens voyagent en low cost…
ils limitent le poids des bagages : cela dit beaucoup de nos utilisateurs demandent seulement quelques grammes de ceci ou cela qui est parfois très précieux à leurs yeux.

Faudrait-il lier Swopera à Couchsurfing, par exemple un new-yorkais pourrait proposer un hébergement contre un camembert de la part d’un français ?
L’idée d’un rapprochement avec couchsurfing est bonne ; par manque de temps je n’ai pas encore développé la part de l’échange sur le site ; elle est laissée à la bonne volonté de chacun qui écrit ce qu’il souhaite mettre en place dans l’annonce.

A vrai dire je m’interroge quant à l’impact et l’utilité réel de Swopera en termes de consommation collaborative : est-ce que cela ne fait pas un site de plus, un réseau de plus à gérer dans le couteau suisse des plans cheaps ?
Je ne connais pas tous les sites et plans collaboratifs mais je sais juste que pour le moment il n’y en a pas un qui fasse l’unanimité, dans toutes les langues, partout dans le monde. Il n’y a donc pas de raisons que je ne vienne pas apporter ma pierre à l’édifice. J’ai aussi pour ambition de rendre ce service très intuitif, intelligent, et vraiment bien ficelé : nous sommes en beta pour le moment et il y a bien des surprises dans les cartons …

L’apport d’un objet particulier favorise-t-il le lien social ? Peut-t-il être l’amorce d’un autre échange ? d’une rencontre ?
Il me semble que le transport d’un colis en provenance d’ailleurs favorise les échanges autour de la culture populaire de chaque pays : le voyageur raconte son séjour, le demandeur partage son expérience avec le produit. C’est souvent quelqu’un qui est lui-même originaire du pays en question donc il y a forcément des choses à raconter …

Et pour mon pisco ai-je des chances d’en boire bientôt ?
Je pense que cela participe d’un ensemble : pour avoir le maximum de chances d’en obtenir via un gentil voyageur, il faut que Swopera soit connu … avant d’être utilisé ! Le taux d’engagement sur le web étant ce qu’il est je travaille donc tous les jours à faire connaître le site pour que ses utilisateurs puissent en profiter plus rapidement. Je pense que je devrais aussi préparer un petit guide pour aider les utilisateurs à rédiger leurs annonces de manière « SEO » friendly afin d’optimiser encore les chances d’être lu !

Propos recueillis par courriels. Aurélien@LaVieCheap

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Freecycle Orléans : la Vie Cheap soutient !

Le groupe Freecycle Orléans a passé la barre des 350 membres le mois dernier.

Je vous en parle beaucoup ici mais pour rappel, le Freecyling c’est le recyclage de nos consommations : donner au lieu de jeter ou trouver au lieu d’acheter, c’est au choix !

Freecycle Orléans c’est une liste de mails, un réseau où l’on propose gratuitement ce qui encombre son couloir ou son grenier.
On peut aussi poliment demander un objet et parfois on peut même le trouver !

Au départ le concept du site vient d’Arizona (USA). Le site fut lancé en 2006, il est arrivé en Val de Loire en 2009 exporté par une authentique famille américaine. Le flambeau m’a été transmis dans le courant du mois d’août. En tant que modérateur je compte bien promouvoir la communauté Orléanaise et la faire grandir.
Vos suggestions sont les bienvenues !
Pour vous inscrire, c’est ici. Sinon écrivez-moi pour connaître la marche à suivre : aurelien.laviecheap@yahoo.fr

Les limites de la Vie Cheap

                         « – Excuse-me. I’m looking for a french-armenian dictonary ? »

Tiens de l’anglais à Emmaüs ! Depuis les quelques semaines de présence au stand librairie je pensais avoir tout vu : des étudiants, des personnes âgées et des échoués. La semaine d’avant un trentenaire m’avait demandé un dictionnaire Français-Serbe dans un allemand approximatif, mais du Français-Arménien demandé dans un anglais à l’accent correct fut une vraie surprise.
Des dictionnaires comme ça, on n’en trouve pas dans les greniers français et sûrement pas à Emmaüs. Il faudra le commander en librairie et ce livre coûtera cher.

Sur les dernières étagères du haut nous avons :
– Harraps Shorter Français-Anglais/English-French, édition 1967, impression 1973 : 5 €
– Bordas Français-Espagnol : 1 €
Des prix qui raviraient plus d’un étudiant. Elle compte son argent. Une petite pensée me dit que le choix sera difficile et cette petite pensée est un grand début.

Les racines de la nouvelle consommation

Les communautés d’Emmaüs ne reçoivent pas de subvention de l’Etat ou des collectivités territoriales. Elles vivent des produits de leurs ventes. Des objets récupérés et retapés. Du recyclage en somme et les rejets sont nombreux : dans l’arrière-boutique une montagne de vêtements s’accumulait.

Ces communautés luttent contre la pauvreté et l’exclusion. Sous le double effet de la crise économique et des prises de consciences environnementales l’association a pris un nouveau rôle. Elle a même axé sa communication sur ces nouvelles problématiques. Si Emmaüs rentre dans le 2.0 c’est qu’elle est clairement une ancêtre de la consommation collaborative.

Mais le recyclage ne résout pas tout.
Si certains n’ont même pas accès au Net, d’autres n’ont même pas accès au langage, comme ma dame du début ! Le numérique n’est que la seconde porte d’entrée dans la Vie Cheap, la première, comme pour tout, c’est le langage. Comment reprocher aux immigrants arrivés en France, de ne pas parler notre langue quand on ne leur en donne même pas les moyens ?

Sans tomber dans le French International Business Language, on peut, en outre, se poser deux questions :
– A quand le Français 2.0 ?
– A quand un vrai français du net, débarrassé de mauvaises traductions et d’anglicismes barbares ?

On a beau progresser il faut toujours revoir ses bases.

Aurélien@LaVieCheap

On ne possède pas Bob Marley, on l’utilise…

Comme la maison était grande ! Il y avait les chambres, les lits, les meubles, les objets… toutes ces choses et nous au milieu. Inventaire à la Prévert. Grenier d’Ali Baba. Les certitudes sont dangereuses, mais ce jour je fus bel et bien sûr d’une chose : dans la vie on accumule. On accumule les choses, les rôles et les titres. On accumule les oublis. On accumule même les accumulations.

Quelle ne fût pas ma surprise en retrouvant mon premier cd de Bob Marley en format vinyle enterré dans le buffet de ma grand-mère ! Mais alors si on lègue que possède-t-on vraiment ?

J’écris cet article. Qu’ai-je sous les yeux ? Un ordinateur, un bureau, une lampe, des rideaux, des livres et bien d’autres objets encore. Ce matériel qui fait mon quotidien, je ne le possède pas : je l’utilise. Demain si je pars, si je déménage, que prendrais-je avec moi ?
On pense au minimum, et le minimum c’est souvent trop.

Posséder et consommer sont donc des verbes d’un autre âge. Ce postulat commence à fleurir ça et là, chez les écologistes notamment.1 Mais au-delà d’une simple posture politique, il s’agit d’un changement culturel qui pourrait rendre votre vie meilleure et réduire vos coûts. Attention le changement c’est du travail !

Un exemple concret : dans une semaine vous avez un entretien d’embauche, de quoi aurez-vous besoin ? Voyager dans une autre ville : allez-y en covoiturage ! Vous habiller convenablement : Emmaüs regorge de costards et de tailleur jamais porté.2 Travaillez une dernière fois votre présentation : louez un espace de travail partagé. Peut-être dormir sur place : avez-vous pensé à être hébergé, connaissez-vous le Couchsurfing ?

Vous aurez besoin de déménager, pourquoi acheter des meubles quand on peut en trouver gratuitement ?3

Qu’allez-vous gagner ? De l’argent oui, mais aussi des contacts et peut-être des futurs amis. Vous n’avez pas envie de tromper ces amis : un lapin posé correspond à un commentaire négatif. Les réseaux numériques aboutissent à des échanges bien réels : gare aux revers de la réputation trois point zéro. Exister sur ces réseaux demande la construction d’une identité numérique, du boulot en perspective…

Bon courage ! A très vite !

Aurélien@LaVieCheap

1 : mais pas que.
2 : Véridique ! Un/une candidat(e) à la présidentielle a fait campagne en Emmaüs, cette (une) (bonne) idée est bonne.
3 : recupe.net, freecycling, Emmaüs encore…