Gratiférias de toutes les régions : unissez-vous !

Gratiféria d'Orléans

Location d’objets entre particuliers, recyclage, site internet de dons, partage, prêt, DIY (fais le toi-même), Imprimante 3D, hackerspace… reconstruire, faire, détourner, redécorer, partager, bricoler… Les moyens pour recycler les objets au lieu de les jeter sont de plus en plus nombreux et connus !

Parmi tous les moyens, l’initiative la plus spontanée, la plus « in real life », la plus sympa aussi reste la gratiféria, ou la zone de gratuité, ou le marché gratuit.

Bref, appelez-les comme vous voulez, mais on en a déjà parlé ici et là.
Ce sont des marchés à ciel ouvert où chacun apporte ce qu’il veut et prend ce qui lui plaît.
Le principe est simple : pas d’échange, pas de troc, pas d’argent, tout est gratuit.

Aujourd’hui gratiférieurs et gratiférieuses de toute la France tentent d’unir leurs efforts.

Dans ma boîte mél le 29 juillet 2013

Dans ma boîte mél le 29 juillet 2013

Manque de lisibilité

Les zones de gratuité commencent à intéresser les médias : on trouve plusieurs premiers comptes-rendus dans la presse quotidienne régionale.

Le 29 juillet 2013, c’était l’ONG Reporters d’Espoirs qui me proposait une pige vidéo : un format news (1 à 3 minutes) sur une zone de gratuité en France. Difficile de trouver une date, un lieu, juste comme ça des tréfonds de l’Internet.

Les zones de gratuité manquent encore de visibilité numérique : d’un site à l’autre on ne trouve pas les mêmes dates ou les mêmes lieux. L’information était éparpillée. En août, on parlait de la création d’un site pour centraliser les dates et lieux de gratiférias.

Les acteurs s’unissent en bottom-up !

Depuis le problème tend à se résoudre : les différents acteurs des gratiférias ont crée une page Facebook qui vise à centraliser les dates et lieux des prochaines zones dans toute la France, mais aussi partager de l’info, de la doc et pourquoi pas trouver une identité visuelle commune.

L’organisation des zones de gratuité est purement locale, elle émane du sol, elle pousse par le bas. Au niveau national, on ne trouve pas une communauté unie, une association, une organisation fédératrice.

L’initiative s’est transmise de villes en villes, elle a pollinisé un peu partout, sans équipe de départ contrairement au mouvement Discosoupe (NDLR : distribution de soupe et repas gratuits à partir de gâchis alimentaire récupéré) où une association a fait une campagne de financement participatif pour lancer le mouvement.

Acte politique

Une gratiféria peut s’organiser en spontanée via les réseaux sociaux, différents acteurs unissent leurs compétences pour préparer l’évènement : info, communication, contact…etc…
A ce titre, la zone de gratuité de 13 avril 2013 à Orléans est un bon exemple.

Mais les zones de gratuité sont d’abord des évènements de nature politique : « gratuité contre l’austérité, alternative, nouveau mode de vie ». Des collectifs pour le revenus de base sont même à l’origine de certaines gratiférias. On trouve aussi des ateliers d’informations sur les Incroyables Comestibles.

Les individus qui viennent donner et recycler viennent donc d’univers différents et ne partagent pas tous le même point de vue donc…

La gratiféria n’est pas une communauté mais un format !

Comme pour une Discosoupe, l’action est simple et rapide à organiser : l’évènement se faisant sur la place publique, il est ouvert à tous !

Aujourd’hui les différentes gratiférias expérimentent la collaboration sur Facebook.
Sur la page Gratiférias des Régions de France, on trouve les dates et lieux des prochaines zones de gratuités, les visuels et quelques reportages vidéos fait sur place :

Ces premiers pas sont très encourageants.
L’union fait la force… et la visibilité numérique.

A terme le format gagnera en notoriété et pourquoi pas se branchera sur d’autres évènements avec d’autres formats !
A quand un forum ouvert avec discosoupe et gratiférias ?
On peut imaginer des imprimantes 3D, des découpeuses laser et des hackers sur place pour réparer, compléter, détourner les objets.

Exemple : rendre compatible un clavier des années 1990 avec un PC actuel.
Imprimer la tête manquante d’un jouet playmobil.
Recréer des vêtements à partir de déchets textiles.

Que va donner la suite de la collaboration ?

Une page Facebook, c’est bien, mais cela présente des limites : l’information est enfermée, coincée au fin fond du réseau : il faut être invité dans le groupe pour accéder aux infos et en termes graphique c’est plutôt limité !

Il faut donc espérer que la communauté s’agrandisse.
A l’heure où je publie l’article elle compte 291 membres : avis aux amateurs !
Et à l’avenir elle devra se développer en OpenSource : en mode ouvert et accessible à tous.
Le code source des gratiférias reste encore à définir : quelle charte ? quelle méthodologie ?
quelle communication ? quel logo ? En plus d’une simple liste de dates et lieux, les gratiférias gagneraient à être cartographier.

Rêvons un peu

Et un jour peut-être, les gratiférias deviendront naturelle, permanente, approuvées par les conseils municipaux. On trouvera des « giftbox » partout, elles remplaceront les poubelles dans les rues, des locaux de récupération seront mis à disposition… de la propriété à l’accès on aura fait un pas de plus.

Aurélien Marty

Exemple d'une giftbox au comptoir numérique de Saint-Etienne

Exemple d’une giftbox au comptoir numérique de Saint-Etienne

5 réflexions au sujet de « Gratiférias de toutes les régions : unissez-vous ! »

  1. Ping : Gratiférias de toutes les régions...

  2. Benjamin Grassineau

    Salut, en ce qui concerne la mise en lien, il existe un site qui tente de le faire : http://nonmarchand.org. Pas vraiment facebook !! Et c’est voulu !!

    Est-ce que c’est vraiment une bonne chose que les giftbox soient approuvées par les conseils municipaux ? Pas sûr. Ils risquent d’emboîter le pas et de tuer l’initiative… L’intérêt serait justement d’insérer la question des giftbox dans le cadre plus général de la réappropriation de la rue par ses usagers !!!

    Répondre
    1. @LaVieCheap Auteur de l’article

      nonmarchand.org a des objectifs qui vont au-delà des gratiférias, c’est une autre histoire ! Et on est bien forcé d’admettre qu’il manque de contenus et de lisibilité, peut-être parce qu’il n’y a pas encore assez d’usagers… c’est une question d’appropriation !
      Les giftbox validées ou approuvées par les conseils municipaux : pourquoi pas ? Si cela peut légitimer l’action, l’idée, si cela peut booster une bonne habitude au sein d’une cité ou simplement être la reconnaissance des politiques d’une bonne action citoyenne. Cela relève du symbole et c’est important pour vivre ensemble. Si le politique laisse faire et accompagne, je ne vois pas comment il pourrait tuer l’initiative ! A moins bien sûr de marchandiser et de légiférer à outrance…

      Répondre
  3. Ping : La ConsoCollab : faites-là vous-même ! | LA VIE CHEAP

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