Dans l’embryon du coworking de Bourges

Bourges, le département du Cher, le palais Jacques Cœur… une certaine France profonde connue pour son festival et sa ruralité. Dans les années qui viennent le département devrait emprunter les chemins numériques vers la modernité.
Des espaces de coworking sont en cours de création (NDLR : espace de travail partagé entre travailleurs indépendants et créateurs d’entreprises)… oui des espaces au pluriel… si l’initiative part de Bourges, d’autres communes du département se positionnent déjà.

Regards sur cette embryon avec des informations récupérés auprès de Géraldine Magnier, toute nouvelle présidente de l’association Cowork’in Bourges.

A l’heure où nous écrivons ces lignes les statuts de l’association viennent d’être déposés à la préfecture du Cher et les locaux ne sont pas encore trouvés. « On attends d’avoir l’entité officiel, d’ouvrir les adhésions, de caler nos prix pour démarcher un bailleur privée. » explique Géraldine Magnier, élue présidente au conseil d’administration de Cowork’in Bourges, le mardi 28 mai dernier.

Ce projet est soutenu par la CGPME (Confédération générale du patronat et des petites et moyennes entrerpises) du Cher : Géradine Magnier présente le projet en décembre 2012 lors d’un coloc sur l’entrepreunariat au féminin. Elle est alors rejoint par une équipe de quatre femmes travailleuses indépendantes et plus tard par une journaliste freelance. « On ne se connaissait pas avant, on fait des réunions de travail depuis le mois de janvier. En février nous avons lancé un questionnaire en ligne pour connaître les besoins de chacun. »

Les élus intéressés

coworkin'Bourges

Crédit photo : Facebook Cowork’in Bourges

Le projet est là, mais les cowoworkeuses berruyeres recherchent activement un local : « Un local ni trop isolé, ni trop en centre ville et où l’on peut se garer facilement, la localisation va être importante. »

Le modèle économique et les prix sont en cours de définition : « Il est un peu trop tôt pour en parler, mais nous nous sommes alignés un rang en dessous des espaces de coworking des grandes villes : 10 euros la journée avec des forfaits deux jours et trois jours. Grâce au statut associatif nous allons pouvoir demander des subventions. »

Le 28 mai dernier 25 personnes étaient présentes au lancement de l’association Cowork’in Bourges et déjà les pouvoirs publics sont intéressés : « On a déjà des demandes d’ouvertures de d’autres espaces sur le département du Cher. » Des élus proposent même un accueil gratuit ! La Chambre de Commerce et d’Industrie est aussi intéressé par le projet : « On a prévu de créer une antenne à Vierzon et d’autres villes se positionnent, mais nous souhaitons garder une certaine neutralité dans les fonds publics. » En ligne de mire c’est la création d’un réseau professionnel à partir d’un vivier de travailleurs indépendants : « C’est compliqué de dynamiser un territoire rural comme le Cher. Grâce aux espaces de coworking. Aujourd’hui il faut satisfaire les clients au plus vite, et on pourra aller le voir au plus de chez lui, c’est toujours mieux que le café du coin. »

Un tiers-lieux en devenir

La notion de « tiers-lieux » arrive vite dans le vocabulaire : « un espace entre chez soi et le bureau. Par le questionnaire on sait que 100 % des coworkers se déplacent en voiture. On veut créer des espaces accessibles, où l’on a envie de venir travailler, pas un espace froid et impersonnel, où l’on est tout seul dans son bureau. Le coworking c’est surtout le développement de liens sociaux et de réseaux professionnels. Les créateurs d’entreprises peuvent souffrir de l’isolement : perte de repères dans le temps comme les chômeurs longue durée. »

Néanmoins la notion de tiers-lieux est plus large que le coworking : culture, associatif, politique, consommation collaborative… « Nous ne sommes pas dans une logique de consommateur comme les loueurs de bureaux, nous sommes des consom’acteurs : nous allons faire connaître les activités professionnels de chacun des coworkeurs, développer les formations et les échanges d’informations, ouvrir l’espace aux personnes morales. Le risque c’est que Bourges est une petite ville : nous devons brasser les professions pour éviter un certain corporatisme. Nous ne pouvons pas encore nous spécialiser en médias ou en numérique comme l’Atelier des Médias à Lyon ou le Comptoir Numérique à Saint-Etienne. On commence petit pour s’épargner la paperasse d’une pépinière d’entreprise.»

Dans les cartons : la création d’une boutique éphémère pour vendre en temps réel les produits locaux. « On garde ce projet en tête pour de la création de bijoux ou de l’alimentaire (viandes, confitures…). » Pour le moment pas de Ruche qui dit oui intégrée à l’espace comme à la Poudrière à Nancy : « Ils ont 300 m2 »… un local de rêve actuellement recherché à Bourges.

Comment est venue l’idée ?

« En avril 2011 je cherchais à lancer mon activité de coaching professionnel en indépendant, lors d’un stage à Paris j’ai entendu parler du coworking. » Géraldine a aujourd’hui deux activités : « Deux jours par semaine, je suis assistante sociale dans une entreprise où j’ai un bureau. Pour mon activité de coaching : où recevoir mes clients ? Le problème d’un bureau loué au technopole c’est qu’il est non-investi, mes clients paumés professionnellement ne peuvent pas s’y sentir bien. » Le coworking apparaît alors comme la solution : travailler en indépendant à plusieurs.

Géraldine Magnier rejoint le réseau Coworking Google et apprends de nombreux tuyaux grâce aux visio-conférence. Elle part aussi en pèlerinage dans différents espaces pour voir comment on fait ailleurs. « J’ai été très bien accueills, il faut aller les visiter, voir si on s’y sent bien ou pas. Je suis autonome et indépendante j’aime bien être tranquille, je pourrais bosser depuis chez moi ou venir à l’espace. L’intérêt de partager son espace de travail : faire profiter aux autres de façon informel. »

En France, le développement du coworking (NDLR : espace de travail partagé), est une tendance de fond selon les sources on en compte 30 à 50 selon les sources et les définitions.
Présents depuis un certains nombre d’années et grâce à leurs attirails numérique la Mutinerie à Paris, l’Atelier des Médias à Lyon, la Poudrière à Nancy ou le Comptoir Numérique à Saint-Etienne font souvent parlé d’eux.

Dans les villages et les départements plus reculés les télétravailleurs sont pourtant là avec leurs espaces de coworking privatif. C’est pourquoi l’initiative de Bourges est intéressante : elle veut dynamiser une économie locale avec un maillage d’espace de travail partagé, une économie proche des gens ancrée dans un territoire.

Aurélien Marty

coworkinbourges.fr
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4 réflexions au sujet de « Dans l’embryon du coworking de Bourges »

  1. Laurent G

    Bonjour,

    j’ose un commentaire pas directement en lien avec le post…mais puisqu’il va être lu très certainement par des orléanais-e-s surement très intéréssé-e-s par la vie de leur cité, je vous rappelle qu’en ce moment, il vous est donné la possibilité de vous exprimer sur les priorités qui sont les vôtres et que vous souhaitez voir porter par la prochaine équipe municipale. Je vous invite donc à prendre quelques minutes pour indiquer comment Orléans doit évoluer à l’adresse suivante : http://www.orleans2014-laconsultation.fr/.

    Laurent G

    Répondre
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