On est obligé de s’aimer… et c’est bien le problème !

La confiance nécessaire entre membres sur les plateformes de ConsoCollab nous pousse à nous aimer les uns les autres, pas toujours pour le meilleur… Un exemple en fil rouge : l’hsitoire d’Hervé mon bon, mauvais moyen covoitureur.

Je t'aime, moi non plus

Je t’aime, moi non plus

Hervé* n’avait rien d’antipathique. Au volant, il faissait son premier covoiturage avec moi. Un nouveau dans le milieu du covoiturage, un newbie, un noob, comme on dit. Il m’a avait pris à 13 heures à Orléans direction Paris… à 17 h on voyait enfin la couleur du périph (NDLR : 120 kilomètres séparent les deux villes, le temps de trajet est de 2 heures maximum avec les bouchons). Hervé était sympathique, bon conducteur, mais il avait un peu de mal avec son GPS.

Alors que faire ?
Mettre un commentaire négatif, blâmer ce débutant du haut de mon étiquette de covoitureur cinq étoiles ? Mettre un commentaire positif en pondérant mon propos ? Non, on ne regarderait que la couleur du commentaires : vert pour le positif et rouge pour le négatif.

Pouce levé ou pouce baissé… nous voilà tous gladiateurs et empereurs dans l’arène numérique de la vie réel, avec en prime le sourire du débutant en fin de voyage : « tu me mettras un commentaire, s’il te plaît ».

Dans le retour d’expérience, on peut rarement noter et on ne prend pas le temps d’argumenter.

Mon Hervé par exemple :
Conduite : 9/10
Sympathie : 8/10
Connaisance du trajet : 1/10

Ce système de notation s’inspire de celui mis en place par I Lok You, où les membres se notent sur quatre critères pour arriver à une note pondérée :
– courtoisie/sympathie/
– réactivité/complaisance
– ponctualité/respect des délais
– rapport qualité-prix.

Bonne idée, mais le choix même de ces critères n’est-il pas subjectif en lui-même ?
Et pourquoi pas se noter les uns les autres sous d’autres formes ou sur d’autres critères ?

« Hervé est Lucky Luke de la conduite, un Spirou de la sympathie, mais il manie le GPS comme un Bidochon. »

« Hervé conduit bien, mais en muisque il a mauvais goût. »

Positif ou négatif, en filigrane c’est toujours un jugement de valeur. Un jugement normatif : dans le sens où je m’érige en normes, je pense qu’un bon covoitureur doit conduire de telle façon, écouter telle musique, car je conduis comme ça et j’écoute cette musique.

Lors d’une conférence intitulée « Comment engendrer la confiance entre les étrangers ?«  au  OuiShareFest, Frédéric Mazzella, PDG de BlaBlaCar, déclarait à propos des défis de la ConsoCollab : « Nous (les humains) sommes des créatures complexes. Nous interagissons de différentes manières, dépendamment de ce que nous faissons, nous ne recherchons pas tous la même information. »

Crédit photo : twittpic via OuiShareFest SharyPic. Frédéric Mazzella à gauche.

Auparavant les conférenciers évoquaient « le besoin de tout savoir sur l’autre (qui) n’est pas nécessaire, comme par exemple connaître son adresse. Mais on doit savoir qu’il est possible de savoir, (après coup). »

Au cas où… les choses tournent mal, où le covoitureur nous plante, où la babysitter ne vient pas, où notre couchsufeur s’est cru sur Meetic.

Après les mauvais commentaires, les comportements changent-ils vraiment ?
Mon Hervé du début apprendra-t-il à se servir de son GPS ? Je n’en suis pas sûr. Car les retours sur expériences négatives se font à l’extérieur des plateformes. Le net pullulent d’articles, commentaires, forums critiquant les différents modes de ConsoCollab.

Pour s’en convaincre une recherche google suffit :
Taper « mauvaise expérience sur (insérer votre plateforme ou modes de ConsoCollab) » et vous en trouverez des vertes et des pas mûres. A terme ce problème pourrait durablement entacher l’image de la ConsoCollab (à moins que le législateur s’en mêle ?).

Au final, on règle le problème au tribunal ou on crache son venin sur Internet, et les comportements ne changent pas.

Un début de solution ? Agréger la réputation acquise sur tous les modes de consommation collaborative en un profil. Mais les initiatives/start-up/plateformes sont déjà multitudes sur ce créneau…

Alors, où va-t-on ? Vers la guerre des plateformes, le nouvel empire de l’agrégation ou le partage des données et l’avènement du peer-to-peer dans l’économie collaborative ?

Aurélien Marty
*Le prénom a été modifié

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