Les limites de la Vie Cheap

                         « – Excuse-me. I’m looking for a french-armenian dictonary ? »

Tiens de l’anglais à Emmaüs ! Depuis les quelques semaines de présence au stand librairie je pensais avoir tout vu : des étudiants, des personnes âgées et des échoués. La semaine d’avant un trentenaire m’avait demandé un dictionnaire Français-Serbe dans un allemand approximatif, mais du Français-Arménien demandé dans un anglais à l’accent correct fut une vraie surprise.
Des dictionnaires comme ça, on n’en trouve pas dans les greniers français et sûrement pas à Emmaüs. Il faudra le commander en librairie et ce livre coûtera cher.

Sur les dernières étagères du haut nous avons :
– Harraps Shorter Français-Anglais/English-French, édition 1967, impression 1973 : 5 €
– Bordas Français-Espagnol : 1 €
Des prix qui raviraient plus d’un étudiant. Elle compte son argent. Une petite pensée me dit que le choix sera difficile et cette petite pensée est un grand début.

Les racines de la nouvelle consommation

Les communautés d’Emmaüs ne reçoivent pas de subvention de l’Etat ou des collectivités territoriales. Elles vivent des produits de leurs ventes. Des objets récupérés et retapés. Du recyclage en somme et les rejets sont nombreux : dans l’arrière-boutique une montagne de vêtements s’accumulait.

Ces communautés luttent contre la pauvreté et l’exclusion. Sous le double effet de la crise économique et des prises de consciences environnementales l’association a pris un nouveau rôle. Elle a même axé sa communication sur ces nouvelles problématiques. Si Emmaüs rentre dans le 2.0 c’est qu’elle est clairement une ancêtre de la consommation collaborative.

Mais le recyclage ne résout pas tout.
Si certains n’ont même pas accès au Net, d’autres n’ont même pas accès au langage, comme ma dame du début ! Le numérique n’est que la seconde porte d’entrée dans la Vie Cheap, la première, comme pour tout, c’est le langage. Comment reprocher aux immigrants arrivés en France, de ne pas parler notre langue quand on ne leur en donne même pas les moyens ?

Sans tomber dans le French International Business Language, on peut, en outre, se poser deux questions :
– A quand le Français 2.0 ?
– A quand un vrai français du net, débarrassé de mauvaises traductions et d’anglicismes barbares ?

On a beau progresser il faut toujours revoir ses bases.

Aurélien@LaVieCheap

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